Qu'est-ce que la permaculture ?

Comme l'architecture, la permaculture est un concept, une démarche... Comme vous ne dites pas "je construis ma maison en architecture", ne dites pas "je cultive mon jardin en permaculture" !

Bernard Alonso, Propos entendu en novembre 2018 lors d'une conférence pour l'Université Collaborative Internationale de la Transition (UCIT).

En effet, la permaculture ne s'arrête pas à la culture de la terre (ou à la création d'une butte ou lasagne de culture) !!! C'est bien plus que cela. Elle nous invite à prendre du recul pour créer des systèmes équilibrés s'inspirant de la nature. Autour de nous tout est système et inter-relié.

La perma-culture, ou « culture permanente », est une méthodologie de conception consciencieuse de systèmes durables pour les humains qui s'inspire des éco-systèmes naturels. A son origine dans les années 70 en Australie, les précurseurs Bill Mollison et David Holmgrem visaient à concevoir des espaces nourriciers. Représentée par la fleur de la permaculture ci-dessous, on peut voir que cette méthodologie peut s'appliquer aujourd'hui à l'ensemble des domaines d'activité de notre société : alimentation, santé, habitat, éducation, économie, etc.

Fleur de la permaculture David Holmgren Fleur de la permaculture et ses multiples domaines d’application par David Holmgren - https://permacultureprinciples.com/fr

Pour créer ces systèmes équilibrés, les permaculteurs utilisent la méthode de conception et d'aménagement dite V-OVREDIM (ou FORECARE en anglais), puis de nombreux outils. Les permaculteurs parlent d'ailleurs de "boîte à outils".

À La Pâture, nous nous inspirons du modèle agro-forestier qu'est le "jardin-forêt" (aussi appelé forêt comestible, forêt nourricière, jardin agroforestier ou même potager-verger). Il s'agit d'une culture étagée de végétaux comestibles : arbres et arbustes fruitiers, légumes vivaces et annuels, aromatiques et médicinales. Nous nous inspirons aussi des recherches de Gilles Domenech avec le jardinage sol-vivant : c'est le sol qui nourrit la plante, c'est la plante qui crée le sol.

Dans notre cadre familial, nos choix se portent vers l'alimentation biologique, le commerce équitable, la cueillette sauvage, la reproduction des semences, la récupération d'eau de pluie, la construction et rénovation avec des matériaux naturels, l'énergie renouvelable (panneau solaire + ENERCOOP), la réutilisation et le recyclage, l'école à la maison, la santé naturelle et médecine holistique, le bien-être, la spiritualité, la gouvernance partagée et intelligence collective... et nous avons encore du chemin à faire. ; - )

Cultures diversifiées dans un jardin conçu avec la permaculture en Bretagne

Difficultés ? Bilan positif au jardin ?

Juin 2017

A la suite de notre participation à la 14 ème édition de la Fête du jardinage et de l’agriculture, il nous a été demandé d’écrire un article de presse. L’occasion de nous positionner à notre tour vis à vis de la permaculture et de ce que nous en retirons aujourd’hui après 6 années d’expérimentation.

Les difficultés rencontrées ?

Dans la conception d’un jardin, les seules vraies difficultés qui peuvent exister sont le manque de connaissance et d’observation de son environnement (nature de son sol, ensoleillement, vent dominant, connaissance des plantes sauvages, etc.) ainsi que de soi-même (besoin, temps disponible, habitude, croyance, etc.).

En permaculture, vous entendrez régulièrement se dire : « Le problème est la solution ! ».

Le bilan positif d’un jardin conçu avec la permaculture ?

La permaculture apporte un autre regard sur la nature, l’environnement, sur soi-même et sur la façon de concevoir un projet. Rêver son projet, contempler et observer, prendre conscience des besoins, des possibles mais aussi des contraintes, accueillir et lâcher-prise, créer et célébrer.

Au jardin, tout a un sens et est inter-relié : le positionnement d’une serre, des points d’eau, des allées, des zones de culture, etc. Cela peut paraître complexe au départ d’avoir à réfléchir autant pour créer un éco-système vertueux. Mais petit à petit, et assez vite finalement, cela prend forme et tout semble juste et simple.

Le sol est à nouveau vivant et protégé. La qualité des cultures s’en ressent énormément : très peu de maladie, une bio-diversité retrouvée… et une beauté naturelle pour le plaisir des yeux et du cœur.

Pour aller plus loin :